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mardi 27 février 2007

La France a-t-elle quitté la partie ?

A l’heure où Ubisoft vient de faire part de son intention de créer à Montréal un studio destiné à produire des films ou des séries adaptées de ses licences de jeux (voir un récent billet d’Eric Viennot sur son blog), il est sans doute intéressant de poser la question de la situation de l’industrie du jeu vidéo en France. La France serait-elle en train de rater le coche du divertissement numérique?

Les raisons de s’arracher les cheveux :

On parle depuis 2002 d’une véritable crise du secteur. En voici les principaux symptômes:
- les éditeurs français les plus importants ont transféré leurs principaux centres de production hors de France;
- les studios de développement français ont vu leurs effectifs fondre de plus de moitié en seulement 3 ans. Les raisons : la délocalisation dans des pays à bas coût, la concurrence de pays développés, Canada en tête, possédant des dispositifs de soutien efficaces;
- les jeux video développés en France ne représentent plus que 5 à 10 % du marché français.

Les raisons d’acheter une perruque :

Certains signes portent à croire que l’industrie française peut remonter la pente, en suivant notamment le modèle canadien. Voici quelques raisons d’espérer :

- dès aujourd’hui, le CNC dispose d’un fond d’aide à l’édition multimedia permettant de suivre et de soutenir toutes les évolutions numériques. Depuis 2003, ce fond sert en partie au financement de jeux vidéo ( à raison d’un budget de 3 à 5 millions d’euros par an);
- fin janvier, l’assemblée nationale a adopté un amendement afin de mettre en place un crédit d’impôt. Si la Comission Européenne donne son aval, ce crédit financera à hauteur de 20% les dépenses de production, avec un plafond de 3 millions d’euros par entreprise et par an;
- l’arrivée sur le marché de la DS et de la Wii de Nintendo pourrait favoriser les studios indépendants en leur permettant de créer des jeux à faible coût de production ( en raison des modestes capacités graphiques de ces deux consoles) misant sur le caractère novateur des mécanismes de jeu ( en raison de l’originalité de l’interface de ces deux consoles).

Quelqu'un aurait-il d'autres informations sur ce sujet? Serait-il possible de créer une sorte de carte des studios de JV en France pour résumer leur situation et considérer ceux avec lesquels nous sommes susceptibles de collaborer?

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